De Mendoza à Santiago; la route vers le Chili

Mendoza est une ville atypique en Argentine. Elle a été entièrement reconstruite suite à un tremblement de terre et le schéma urbain a été revu pour permette aux Mendocinos de s’échapper en cas de catastrophe naturelle. Elle est ainsi quadrillée de larges avenues bordées d’arbres, on se balade de place en place. C’est presque trop calme et reposant, on n’a pas été habitué à ça! 

Le Parque San Martin immense parc à la lisière de la ville permet d’admirer les montagnes de la cordillère toute proche. Mendoza est une ville très verte. On dit qu’il y a autant d’arbres que d’habitants. L’eau transite depuis les montagnes dans des canaux appelés les acequias et les architectes ont eu l’intelligence de planter les arbres dans ces canaux afin qu’ils ne souffrent pas de la sécheresse. Car il fait toujours beau à Mendoza ( bon nous on a eu 3 jours de pluie mais chut es excepcional…). 

On s’est pas mal baladé dans la ville ( on a encore vadrouillé un sacré paquet de kilomètres) y compris à l’hôpital… Rien de grave, une angine blanche mais pas de médecin alors direction les urgences. Efficace puisqu’en 1h on etait sortis, les médicaments en poche. On partageait notre dortoir avec un groupe de jeunes choristes (10-15ans) qui venait faire un concours de chant. Autant vous dire que la combinaison choristes+ados+argentins n’aide pas à attenuer la douleur dans l’oreille suite à l’angine mais on a bien rigolé quand les mamans accompagnatrices souhaitant absolument nous passer leur remède miracle nous ont proposé : » fais un cône de journal, mets le toi dans l’oreille et allume le bout ». Euh non merci vous êtes gentilles…

Évidemment Mendoza est surtout connue pour ses vignes, le malbec rouge est particulièrement renommé. On a fait une petite pause sur la dégustation de vin, par contre on a visité une fabrique d’huile d’olive artisanale. Il y avait une tapenade délicieuse.

Mendoza étant relativement proche du Chili (7h de bus pour rejoindre Santiago), on n’a pas résisté à la tentation de passer la frontière. La traversée ayant eu lieu en pleine nuit, nous n’avons pas immortalisé ce moment. Prochain rendez-vous Santiago!

Les petites choses du quotidien et deux trois trucs inattendus

Entre les merveilleuses chutes d’Iguazu et les montagnes du nord ouest, il ya des jours normaux (si si) où l’on vit tout simplement au rythme argentin. On trouvait intéressant de vous expliquer un peu la vie quotidienne ici.

La journée commence assez tôt. Les rues sont actives dès 8h et jusqu’à 13h. Après c’est l’almuerzo, le déjeuner et ensuite les gens disparaissent! Entre 14h et 18h, les rues sont vides, les magasins fermés, la ville s’arrête. C’est assez agréable pour se balader surtout dans les grandes villes. Plus il fait chaud plus cette période de sieste est longue. Puis vers 18h, la foule envahit de nouveau les rues, les enfants sortent de l’école et toutes les petites boutiques lèvent le rideau. Ça déborde de monde, ça s’agite dans tous les sens. Les argentins dinent vers 21h30-22h et sortent jusque tard. À partir du samedi midi l’activité s’arrête, le dimanche c’est carrément mort.

En Argentine que ce soit dans un hameau ou dans une ville de plusieurs millions d’habitants, il y a toujours une place centrale qui a systématiquement le même schéma: une place carrée avec des allées bordées d’arbres qui partent de chaque coin en diagonale . Au milieu, la plupart du temps, la statue du sauveur San Martin (qui a participé à la lutte pour l’indépendance de l’Argentine en 1816). Autour de la place, le cabildo et ses arches (bâtiment administratif, un équivalent de la mairie), une église souvent tournée vers l’est (Rome) et une info touristique. Elle s’appelle soit la plaza San Martin soit plaza 9 de Julio. Et « listo ».  Trouver la plaza principal c’est un peu comme rentrer chez soi et enfiler ses chaussons. C’est notre référence à nous, « c’est bon on y est ». Elles se ressemblent tant que l’on finit par s’y perdre entre les différentes villes que l’on visite.

Les villes argentines ont un schéma de rues à l’americaine : tout est droit et régulier, ça fait des pâtés de maison en carré. Le cuadra (distance d’un côté de ces carrés) est une unité de mesure de distance au même titre que le mètre. Quand on demande à quelle distance se trouve quelque-chose, c’est toujours à 5,10,15,etc cuadras. Ça marche même en dehors des villes quand justement il n’y a pas de cuadra… C’est plutôt simple de s’orienter. Pour les noms des rues, il y a soit des noms de villes/pays (calle Uruguay, calle Buenos Aires…), soit le nom des sauveurs illustres (Belgrano, San Martin, Guemes forment le combo gagnant).

Les rues sont bordées de petites boutiques: panaderia (boulangerie), confiteria (cafés), comedor (resto), ferreteria (quincaillerie) …mais la base ici c’est le kiosko qui est souvent un maxi kiosko. En gros c’est une petite boutique qui vend un peu de tout: beaucoup de gâteaux sucrés salés, des sodas, des cigarettes, des forfaits de téléphone, deux ou 3 conserves, du gaz, de l’agua caliente (à ce sujet, faut vraiment que l’on fasse un article sur la nourriture pour vous expliquer ça) . Il y en a partout, ils vendent un peu tous la même chose et ça marche il faut croire.

Pour acheter une voiture, rien de plus simple il suffit de repérer les voitures dans la rue qui ont un bidon sur le toit. Après pour savoir comment trouver le propriétaire ça c’est une autre histoire!

Les argentins font en permanence la queue pour retirer de l’argent. Il est très courant que les distributeurs bancaires soient vides. Dans ce cas les files s’allongent et il n’est pas rare de patienter plus d’une heure pour réussir à retirer des pesos. Le montant que l’on peut retirer par jour est limité à 2000 pesos (soit 100 euros), parfois sur certains distributeurs c’est 1000. Par ailleurs il est quasiment impossible de régler ses achats en carte bancaire, ou alors avec une majoration de 10% a 30%. Derrière tout ça il y a la situation économique du pays, la politique et les politiciens souvent corrompus, les boulots très souvent « negros », etc. Niveau économie et politique, on a saisi quelques points mais c’est un sujet très complexe et on en reparlera sûrement quand on aura un peu mieux compris.

Et enfin mais on aurait du commencer par ça. Le football est roi. Messi le dieu du ballon est autant encensé que décrié. En tous cas, il arrive forcément un moment où tu dois répondre à la question fatidique « toi tu es pour River ou Boca? » Pour les non connaisseurs dont nous faisions partie il y a peu, les deux clubs mytiques argentins sont River Plate et Boca Juniors. La lutte entre les 2 est acharnée.  Et là, soit tu mises sur les probas mais une chance sur 2 d’être dans de sales draps soit tu la joues fine en glissant « Et toi tu supportes qui, amigo? ».

On est bien en Argentine mais il y a quand même deux, trois trucs qui nous énervent l’un et l’autre.

Pour Antoine: les chiens. Il y en a partout, une invasion. Antoine est sur le qui-vive en permanence mais il est passé en niveau 2 de zen attitude. C’est pas encore 30 millions d’amis mais il y a peut-être moyen qu’au retour on en adopte un (ou pas!)

Pour Claire: les sacs en plastique. Pour la moindre bricole il t’enveloppe ça dans dans un sac puis dans un autre. Bouhhh et puis aucun recyclage. De manière générale, la gestion des déchets est un gros problème ici qui se solutionne le plus souvent dans la nature…

Sinon ça nous ennuie tout les deux de voir que le Coca-Cola est plus facile à trouver voire moins cher que l’eau et que malheureusement le géant americain est partout et ce dès le plus jeune âge. 

Les robinets sont systématiquement défectueux et ça goutte en permanence. La cause environnementale n’est pas encore un sujet.

Córdoba y sus alrededores 

Córdoba est la deuxième ville d’Argentine, connue pour accueillir une foule d’etudiants puisqu’elle abrite la plus ancienne université du pays fondée par les jésuites. On a passé 3 jours à Córdoba Capital à flaner dans les rues et l’ambiance nous a beaucoup plu. Nous y sommes arrivés avec un combo stop/bus assez rondement mené et qui nous a permis de passer une demi journée à San Miguel de Tucuman, qui en dehors de sa place dans l’histoire de l’Argentine (lieu ou a été signé l’indépendance) ne nous a pas attiré plus que ça. A notre arrivée, un congrès de médecine visiblement exceptionnel avait réquisitionné tous les hôtels de la ville de Cordoba. On a finalement trouvé un lit chez Victor. Son hostel mériterait un grand rafraîchissement (oui il y avait des cafards dans la cuisine…) mais le muchacho connait la ville comme sa poche et est incroyablement bavard et sympathique.

La province de Córdoba abrite des villages assez surprenants. On a visité Villa General Belgrano qui a un faux air allemand. La ville déborde de fabriques de bière artisanale et l’Oktoberfest y est fêtée chaque année.

Capilla del monte est réputée pour ses connexions avec d’autres galaxies. Ainsi les gens y viennent en quête de rencontre avec des ovnis. On n’a pu établir aucune connexion.

On venait aussi et surtout dans la province pour revoir notre bande de musiciens rencontrée dans le nord. On a ainsi passé 4 jours à Cosquín chez David. A croire que tous les David sont sympas en Argentine. L’occasion de visiter ce beau village bordé par le rio, monter au cerro Pan de azucar (mont pain de sucre) et savourer un delicieux asado au son des guitares de nos amis. David vit dans une « maison » de 30m2 avec seulement un lit, une douche et un évier (quand on dit seulement avec ça c’est vraiment seulement avec ça). Le gars cumule 2 boulots de cuistot pour pouvoir payer le loyer et les sorties avec les copains. Bon le grand espace vide que représente son habitation cest aussi par flemme/manque de temps pour rappatrier 2-3 trucs de chez ses parents et se faire ses meubles en palettes. Quoi qu’il en soit, ça ne transpire pas la richesse matérielle. Sa richesse est ailleurs, et bien plus grande, puisqu’il partage tout le peu qu’il possède. Une belle leçon  encore une fois. On leur devait quand-même un festin français qu’on a fait dans la maison des parents d’un ami de David. On a fait de notre mieux (avec le choix du supermarché local) pour leur concocter entrée plat dessert. Ça a eu l’air de vraiment leur plaire, on avait un peu miser sur la présentation pour les épater car les plats étaient assez basiques ( salade composée en entrée, rougaille saucisse pour le plat et une verrine biscuit-yaourt-zeste de citron vert en dessert). On les attend un jour peut-être en France. « El viaje abre la mente pero abre tambien el corazon »

Pour changer du bus on a pris le tren de las Sierras de Córdoba capital à Cosquín. 55 kms en 2 heures pour 50 centimes à deux, imbattable. (L’état doit subventionner à fond le truc pour relancer ce moyen de transport très peu utilisé ici car on a fait le calcul rapide et c’est très très loin d’être rentable pour eux). Tous les passagers prenaient des photos pendant le trajet, émerveillés par ce train qui chemine dans les montagnes.

4 jours dans une bodega à Cafayate 

Durant notre road-trip nous étions passés par Cafayate et avions découvert les vins du coin: Torrontes blanc et Malbec tinto (rouge). Lors de la soirée dégustation, un peu au culot, Antoine était allé voir deux vignerons dont nous avions apprécié le vin pour leur proposer de les aider contre la possibilité de poser la tente dans leur terrain. Surpris que deux français demandent cette faveur, ils nous avaient dit oui « venez donc dans 4-5 jours ». On les a pris au mot…
Et il y a des jours où quand tout commence bien, tout finit très bien. Dimanche 22 octobre après avoir rendu la voiture, on retente le stop ( après notre echec de dedo à Iguazu). Le bus nous dépose dans un bled sur la route de Cafayate, temps gris et frais, ça sent l’échec… Eh non puisque 5 minutes après un argentin nous embarque pour une trentaine de kilomètres. Il va voter (élections législatives) à La Viña. Très sympathique il nous parle des oiseaux, des fruits de la région. Bon il nous reste encore 150 kms à accomplir. 2 min après avoir quitté notre chauffeur, une voiture s’arrête. Une chevrolet classic… La même que la notre en grise… Ça sent la voiture de loc, ça sent le touriste. Santiago et Daniela deux equatoriens venus quelques jours à Salta peuvent nous emmener jusque Cafayate. Trop facile (trop contents surtout).

Ils tiennent une petite enteprise de kayak et rafting à Tena en Equateur et sont venus à Salta pour un congrès sur les activités outdoor. Daniela a étudié au lycée français, a passé le bac et vécu un an à Paris. Pendant le trajet, on discute énergies renouvelables, véhicules électriques (on a mis la Zoé dans la place), Amérique du sud et bien sûr Equateur. Ils nous l’ont tellement bien vendu que l’on veut y aller sur le champ: la vieille ville de Quito, les plages, le kayak près de l’Amazonie et bien sur le chocolat. Ils nous offrent une tablette de chocolat (un délice) et leur adresse et on se dit qu’on se verra sûrement quand notre voyage nous emmenera vers le nord.

Arrivés à Cafayate, on a une double mission: trouver la bodega et espérer que les deux vignerons se rappellent de nous. 4 kms dans les vignes nous séparent de la cooperativa vitivinicola TRASSOLES. Julio et Gustavo sont bien là, nous accueillent et nous proposent un endroit pour la tente. Rendez-vous vous est pris pour le lendemain 9h. On vous l’a dit il y a des jours comme ça…

On a passé 4 jours dans cette coopérative à aider pour de menus travaux:de l’installation de l’antenne wifi à l’étiquetage et l’encapsulage de bouteille. Cette coopérative reunit une soixante de socios. Ce sont des petits propriétaires de vignes, producteurs de vins adhérents à la coopérative. Julio et Gustavo ont pris le relais de leurs parents, socios eux aussi. A l’origine, les petits producteurs vendaient leur vin aux grandes bodegas du coin, la coopérative c’est un peu un projet fou de faire eux mêmes leur propre vin, ensemble. La bodega (le chai) a été contruit en 2000 par la volonté de certains des socios et de là est né leur vin Trassoles (TRAbajo SOLidaridad ESfuerzo). Julio a appris l’oenologie sur le tard et il s’en sort plutôt bien. Aujourd’hui le vin est récent et meilleur d’année en année. Ce n’est pas encore le meilleur du coin mais l’histoire est passionante et le potentiel bien présent. Ils vendent du vino suelto (en vrac) et du vino fractionado ( en bouteille). L’année dernière 90% de la production a été vendue en vino suelto, l’objectif est d’inverser ce ratio le plus rapidement possible. Cette année en plus du torrontés ( le blanc très connu à Cafayate), ils sortent les premières bouteilles de tinto, assemblage Malbec-Cabernet (que l’on a étiquetées hé hé). En préparation dans le chai, quelques expériences de tinto vieilli avec du chêne, pour dans quelques années. Ils vendent aussi de la mistela, alcool de vin distillé avec du jus de raisin provenant de variétés inutilisables pour du vin pur, ça ressemble un peu à du vin cuit style porto. Aujourd’hui ils ont parfaitement réussi la culture de la vigne, l’élaboration du vin et il reste l’étape la plus compliquée à leurs yeux: la commercialisation. Le prix du raisin fixe chaque année le prix de la bouteille et non l’inverse comme le font les grandes bodegas. Résultat: la coopérative achète le raisin 2 à 3 fois plus cher que ne le font les autres bodegas, c’est un des versants social de l’entreprise qui rémunère le producteur correctement. L’histoire et le projet nous ont beaucoup plu. Si vous passez par Cafayate, sans hésiter, passez récupérer quelques bouteilles!

On a aimé l’ambiance du chai, on se sentait un peu les gardiens de la bodega dans notre tente le soir venu. Ces 4 jours nous ont permis de comprendre la vie Argentine. Julio a deux travail: la bodega le jour qui est son véritable projet et réceptionniste dans un hotel où il travaille 6 nuits sur 7 de 23h à 7 h du matin. Il ne passe que quelques heures chez lui chaque jour pour dormir. Encore une fois, la générosité des gens envers deux personnes étrangères nous a surpris: ils nous ont convié à partager des empanadas au déjeuner de travail avec le comptable venu de Salta , on a fait un super asado (repas typique de viandes au barbec) et passé nos deux dernières nuit chez le cousin de Julio qui nous a prêté sa maison sans nous avoir vus. 

Bref ce sont encore les échanges sur nos cultures respectives, l’élaboration du vin entre autres qui nous ont le plus plu et on est tous les deux fiers de cette « locura » comme il disent ici (folie passagère) qui nous a fait pousser la porte de la bodega Trassoles.

Luis, Antoine, Julio, Gustavo y Claire 

Road trip dans le nord ouest argentin 


Premier road trip de notre périple. Après avoir fait le tour de quelques agences, on embarque dans notre chevrolet classic; en route poulette, on a 10 jours devant nous pour se balader dans les provinces de Salta et Jujuy ( prononcer « Rourouille » et non  « jujui » comme certains français…). On rayonne autour de Salta, d’abord dans le sud ouest puis vers le nord.

Le loueur avait bien insisté sur les routes à ne pas emprunter avec la voiture genre  » si tu vas par là c’est vraiment de la piste impraticable » (message subliminal: « tu vas pourrir ma caisse déconne pas »). C’est vrai qu’en plus elle est blanche la titine, ils ont de l’humour ici… Bref dès le premier jour, on s’arrête à La Poma, un petit village oasis perdu au milieu des montagnes. Le monsieur de l’information touristique ( présente quelque soit la taille du village), super gentil, nous explique que le col à 5000m sur la route interdite ça passe nickel. Il suffit de prévenir la police de ton itinéraire. En plus, il nous tranquilise pour le bivouac du soir ( pas de jaguar, pas de température négative).

Premier bivouac à côté du rio ( la rivière) et soirée à regarder les étoiles en se disant qu’on est bien. Au réveil on passe le col à 4995m l’Abra del Acay, les montagnes velours dorées qui bordent la ruta 40 déserte reste un de nos meilleurs souvenirs. Puis en route vers Cachi, où on se fait une parilla de viande ( viande au barbecue) dans le camping municipal. Un délice. La route nous conduit ensuite à Cafayate par la quebrada de la flechas ( gorge des flèches). 

Changement d’ambiance à Cafayate car la ville est bordée de vignes qui produisent le célèbre Torrontes, un vin blanc. Comme on a bien du bol, bim c’est la semaine de promotion du vin d’altitude. Dès le premier soir on se retrouve à une degustation gratuite des vignerons des environs, concert de musique floklorique et repas gratuit. « Coup dbol que j’aime ça le torrontes »… Bref trop bien. A Cafayate on fait une rando vers une belle cascade qui se mérite ( rando escalade). Pendant tout le chemin on s’imagine la baignade tant il fait chaud à marcher. La cascade tient ses promesses sauf celle de la baignade miraculeuse. On a été incapable de se baigner, l’eau etait gelée. A titre de comparaison, la mer de Carantec était à la température d’un jacuzzi…

On quitte Cafayate pour remonter vers Salta et commencer la boucle vers les quebradas du nord. Cette route offre encore un autre paysage. La quebrada de las conchas ( les coquillages) fait penser un peu à l’ouest americain avec ses formations en terre rouge. Passée Salta on retrouve le paysage des yungas ( la jungle) avec les collines couvertes d’arbres. On suit la cornisa (route corniche) jusqu’à san salvador de jujuy. Pas facile de trouver un hebergement, on finit au bout d’un chemin par trouver une maison d’hôtes bien trop chère pour notre budget. Le gerant Santi ayant bien vadrouillé accepte que l’on pose la tente dans le jardin. Ce sera l’occasion d’une rencontre magique encore une fois. On fait la connaissance de 5 chicos de Cordoba ( ville un peu plus au sud est) qui sont en week-end. Ils forment une groupe de musique entre potes. Supers conviviaux, ils nous invitent à l’apero puis à manger des pizzas delicieuses à la parilla (au barbec sur le feu de bois) dans le jardin. On passe la soirée à les écouter jouer et chanter, à discuter et à jouer un peu de musique française. Un moment très chouette et une invitation à passer les voir dans les prochains mois.

La boucle du nord permet de voir les fameuses montagnes colorées de la quebrada d’Humahuaca. Deuxième coup de coeur la montagne aux quatorze couleurs (ou 12 enfin on ne sait plus trop.) On est fasciné par ces couleurs à 4340m d’altitude. La petite balade pour aller au point de vue se fait doucement car avec l’altitude les efforts sont plus difficiles.  A Purmamarca, on prévoit une rando pour un deuxième bivouac. 35 degrés, l’altitude et pas vraiment de sentier en font une rando difficile mais les cartes topo d’Antoine nous sauvent la mise. On pose notre tente près d’une cabane de berger. Feu de bois et coucher du soleil.

Dernière partie de notre voyage à travers les salinas grandes, désert de sel sûrement bien moins impressionnant que le salar d’uyuni en Bolivie mais super chouette. Nous prenons en stop Vero et Mathi, deux voyageurs argentins avec qui nous passons la journée. Ils ont une petite ferme en Patagonie où ils font de la permaculture. On discute en espagnol et en français. Nous passerons sûrement les voir aussi au cours de notre voyage. 

La route vers Salta nous fait croiser le viaduco de la Polvorilla où passe le tren à las nubes, train mythique d’Argentine. On passe nos deux dernières nuits en hostel car la température descend en dessous de zéro. 

On a adoré le nord ouest argentin, les pistes en terre, en cailloux ou en sable. La diversité des paysages est vraiment belle. Pour tous ceux qui aiment les road trip et les grands espaces , il faut venir ici. A cette altitude il fait toujours beau, on croise des lamas le long de la route. Sans le savoir on y a été à la bonne saison car c’est très sec en octobre. Les pistes et passages de gué doivent être bien plus compliqués avec les pluies.

Au final on aura fait toutes les routes interdites avec notre voiture, 1500 kms sans crevaison et avec l’envie d’y revenir un jour.

Photos du road trip dans le nord ouest argentin

Voici quelques photos de notre escapade dans le nord ouest argentin. On en a pris plein les yeux et fait de supers rencontres.

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Salta la linda

Salta la belle quatrième étape de notre périple, est la porte du nord ouest de l’Argentine. Les montagnes colorées , les quebradas (gorges), les cactus seront notre programme mais nous prenons avant cela un peu nos marques dans la ville.

Salta est une jolie ville, on se plaît à se balader dans les rues et les places jusqu’à la statue du Général Guemes, le libérateur. Là commence le chemin de croix vers les hauteurs de la ville, 1000 marches pour gravir la colline San Bernardo et avoir une belle vue sur la cité. Sinon il y a le téléphérique pour les moins sportifs mais on préfère marcher. C’est un peu la bastille de Grenoble en Argentine.


Notre hébergement est tout proche du mercado San Miguel, marché de legumes, fruits, viande, epices, électronique, chichi chouchou un peu de tout quoi. C’est un super plan pour manger pas cher et avec les salteños.

On se balade deux jours à Salta, première glace et qualification des argentins au Mondial. Ouf le but de l’Equateur à la première minute annonçait une soirée morose mais le dieu Lionel Messi a rétabli l’honneur. 

Au bout de 2 jours on se dit qu’on a bien fait le tour de la ville. On décide donc pour notre dernière journée ici de prendre le collectivo (bus local) pour San Lorenzo un patelin à 15kms. San Lorenzo, son bourg, ses maizons chicos ET sa quebrada. Et c’est ça qui nous intéresse. La veille on a téléchargé les cartes topo du coin, quelques traces gps de randonneurs aventuriers sur internet, nous sommes donc prêts. On emprunte un sentier balisé pour rejoindre le mirador et sa vue sur les montagnes et Salta. On s’enfonce un peu dans la jungle, pas un chat mais plutot des vaches alpinistes qui grimpent à flanc de montagnes. La nature est belle et vierge. Comme on n’y connaît rien en plantes, on baptise ce qui nous entoure: les arbres poilus, les fleurs gousse d’ail. Il y a de petites fraises des bois, des arums sauvages, des oiseaux dindon et la brume sur les sommets. Plus de balisage donc grimpette en mode on attaque la colline. On ne peut pas monter trop haut car la brume attaque les sommets.

L’après-midi on va dans la réserve naturelle toute proche où on nous a vendu des « sentiers difficultad baja » histoire de reposer un peu les gambettes. Baja baja ils ont de l’humour les argentins. Aucun balisage, ça grimpe à pic, on s’enfonce à nouveau dans la montagne jungle. Une belle journée, on a remis les mollets en route ( comprendre on est crevé!).

On part ce jeudi 12 octobre pour 10 jours de road trip au nord, à l’ouest et au sud de Salta découvrir la Quabrada de Humahuaca, les vallées Calchaquies, les montagnes aux couleurs hallucinantes parait-il.  Les noms nous font déjà rêver.

Posadas et escapade au Paraguay

Comment commencer cet article? Pas simple, tout comme le fut notre trajet d’Iguazu à Posadas.

On a tenté le stop mais pas testé puisque après 1h30 de dedo ( hacer el dedo= lever le doigt) on a opté pour le bus qui passait devant nous. Pas si grave on réessayera à Bariloche, il paraît que c’est culturel là bas. En plus on a eu un bon prix pour le bus, beaucoup moins cher que si on l’avait pris au terminal.

A Posadas nous attendaient la pluie et David. Et c’est là que ça devient intéressant.

David nous avait contacté sur le site couchsurfing nous proposant de nous loger. Première expérience pour nous. Il travaille pour Techo une grande organisation qui lutte contre la pauvreté et le mal logement en Amérique du sud (Techo = avoir un toit). Rendez-vous etait donné au siège de Techo où nous sommes accueillis par David et ses collègues, tous des jeunes. Contact super facile et sympa, en 5 min il nous donne les clés de chez lui nous proposant de nous rejoindre le soir après son travail.

Cette rencontre a été super sympatico-étonnante. Imaginez vous un gars de 25 ans, directeur de l’antenne de Techo de Posadas donc de grosses responsabilités, il bosse d’ailleurs tout le temps organisant des évènements dans la ville. Tireur de cartes de tarot de Marseille à ses heures perdues ( « ustedes tienen el sangre del tarot, franceses!! »), bordélique puissance 100 ( le ménage lui est totalement inconnu),  hyper curieux de tout: la prononciation des mots en français, l’histoire de France et d’Argentine, l’Europe, aficionado de l’équipe de football de River Plate…

On a vécu trois jours avec lui: deux fois il a tiré le tarot à ses amis et notamment à Mara qui voulait savoir ce qui adviendrait pour elle en amour. La mise en scène hilarante, bougies, lumière tamisée et la prononciation de chacune des cartes en français ( la luna, la luuune) car le tarot vient de Marseille, bref un moment incroyable . On a discuté de vin et la façon d’avoir le meilleur cru car son rêve est de produire son propre vin à Salta dont il est originaire et forcément nous, français, détenons le secret! On a cuisiné un festin de crêpes à la mode Argentine (début du diner au mieux à 23h) et parlé beaucoup beaucoup de tout. Et tout ça en espagnol. Petite anecdote sympa: le premier jour à 23h, le gars check on ne sait pas trop quoi sur son portable et découvre de manière détournée qu’il passe à l’antenne d’une radio locale dans 15min… « Hijo de puta! », les 2 animateurs de l’émission croyaient chacun que l’autre avait prévenu notre hôte. Bref, il nous met sur la station et nous dit à plus tard, 15min plus tard, on l’écoutait a la radio. Sympa comme entrée!

Première experience de couchsurfing enthousiasmante tant et si bien que l’on etait un peu triste en se quittant. Il reste sur son mur de la rencontre la trace de notre passage: le chateau d’Angers esquissé par nos soins.

 

On a profité des heures de travail de David pour visiter une mission jésuite. Au 17 ème siècle les jésuites ont créé des communautés avec les peuples guaranis du Paraguay, d’Argentine et de Bresil dans le but de les évangéliser. Il demeure les ruines de ces communautés.

Direction donc le Paraguay Encarnacion, la côte en face de Posadas. Quatre bus, deux contrôles douaniers plus tard, nous voilà à Trinidad au milieu de nulle part. Au bout du chemin, la mission la plus préservée d’Amerique du sud. Orage et pluie (forte la pluie) étant au rendez-vous, nous étions les seuls sur le site avec plein d’oiseaux. Déjà quand tu passes la frontière paraguayenne, tu es le seul touriste.

Le Paraguay est considéré comme le supermarché low cost des Argentins. Ils viennent par wagon entier faire leurs courses d’électroménager et d’électronique. C’est environ deux fois moins cher qu’en Argentine: on a donc faits quelques emplettes au passage, pour David qui nous avait missioné.

Nous avons bien aimé ce petit pays très vert, les gens sont gentils, parlent un mélange entre le guarani et l’espagnol que l’on ne comprenait pas trop. Ça a été une sacrée expedition mais on est bien content de l’avoir fait.

Nous quittons Posadas, cette jolie ville à la végétation tropicale, sa costanera ( son front de mer) destination Salta. Pas de site majeur ici mais on voulait partager cette escale doucement bizarre avec vous. 

Hasta luego en Salta, au nord ouest de l’Argentine

De Buenos Aires à Iguazu

Le temps n’étant pas au beau fixe à Buenos Aires et comme on avait envie de chaleur là maintenant tout de suite, on s’est dit que les 25 degrés promis à Iguazu nous iraient bien. Et on a bien fait.

En attendant, de  Buenos Aires pour rejoindre Iguazu 18h de bus nous attendent au mieux. Oh my god. Billets en poche avec la compagnie Crucero del Norte, nous voilà partis pour une nuit et une matinée de bus. Depart 19h. Le petit stress d’avant expédition nous pousse à acheter chacun un bouquin en espagnol et à télécharger 3 game of thrones.

Au final: un whisky offert pour Antoine, des camas agréables (sieges couchettes quasi à 180 degrés), un dîner, un verre de champagne, un ptit dej, un seul episode de game of thrones regardé, un chapitre du livre relu 4 fois pour comprendre et… quoi déjà 13h30 on est arrivés…  Bah on ne s’est même pas ennuyés en fait.

Puerto Iguazu nous permet d’être à proximité des chutes que nous souhaitons visiter le lendemain côté argentin. Arrivés à notre hostel, plus d’électricité ni d’eau. Une tempête la veille a provoqué une coupure geante. Ici le Enedis local est très prudent, pas de realimentation avant mercredi soit 2 jours après. C’est le jeu ma pauvre lucette, on sort les frontales et les bougies. Le jus est revenu le lendemain!

Quant aux fameuses chutes, plus que des mots, voici les photos. No comment, las cataratas son muy lindas

Et en prime une belle rencontre avec Margarita 66 ans de Bariloche qui est piplette comme tout et voyage seule en auberge de jeunesse pour rencontrer des gens et la famille les crêpes en vadrouille qui voyage pendant un an à travers le monde en famille.

Buenos Aires

Première escapade du voyage, Buenos Aires est une ville colorée et finalement assez peu dépaysante. On lit souvent qu’elle est la Paris de l’Amérique du sud et c’est vrai que certains de ses bâtiments de style haussmanien renforcent cette impression.

On a opté pour une déambulation au gré des rues. Chacun de ses quartiers,  les barrios, a un passé et une âme différente.

La plaza de Mayo ( « plaza de maicho » avec la prononciation argentine), le coeur de la ville est la place centrale mais aussi le lieu de toutes les manifestations en Argentine. Comme nous l’a expliqué Euge, une argentine rencontrée à Buenos Aires, « depuis notre indépendance nous autres argentins manifestons pour tout et n’importe quoi juste pour profiter de la liberté de manifester ».

San Telmo où nous etions logé est le berceau du tango. La plaza Dorrego charmante mais surtour la Feria de San Telmo, le marché couvert, s’animent le dimanche avec la brocante hebdomadaire.

Palermo nous a beaucoup plu avec son art du street art, chaque pan de mur étant recouvert de graffitis. Nous avons visité ce quartier grâce à une artiste tattoueuse qui nous a expliqué la symbolique des peintures murales. Ici en Argentine où l’architecture n’est pas magistrale, le street art est un moyen d’expression et de fierté nationale. Les artistes se livrent à des battles et un dessin non recouvert est la preuve d’une prouesse artistique et respectée. Palermo viejo est un endroit plaisant pour flâner.

 La Boca est un un quartier insolite; la plus touristique des ruelles, el Caminito, côtoie les tours et les rues populaires . C’est un peu comme si on avait mis une rue de Montmartre aux Mureaux. Plein de contrastes donc. Pour l’anecdote nous sommes partis à pied pour visiter el Caminito en mode « t’inquiète chaussette ». Au pied des tours, on faisait déjà moins les malins. Un gars nous a expliqué en castellano vitesse bilingue comment rejoindre notre destination. Ça l’a fait. Et c’est vrai que les ruelles colorées,  la Bomberia le grand stade de foot de la Boca ne manquent pas de charme.

Notre belle expérience de Buenos a été de rencontrer Euge. Elle nous avait contacté via le site couchsurfing pour nous proposer de faire un tour avec elle. Nous nous imaginions une petit balade d’une heure ou deux. Euge est restée avec nous toute la journée. Une fille adorable qui avait voyagé en Europe au gré des stades de foot ( et oui le foot ici c’est juste la base). Moitié de la journée en espagnol pour s’améliorer et moitié en anglais car elle souhaite progresser. Elle nous a emmené manger la milanesa ( une escalope panée en fait un peu compe une pizza à la viande), visiter Palermo, la Recoleta dont le fameux cimetière avec ses mausolées gigantesques. A la fin de la journée on était fatigués (6 h à marcher et à parler en espagnol) mais heureux de cete rencontre simple. Ça nous a tellement donné envie d’aller encore plus vers les gens.